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jeudi 9 mai 2013

un arbre, un mur, un bassin

(ce n'est pas ma main)
Un arbre, un mur, un bassin. Guillaume Pinard. éd. Sémiose. 15€ (même le prix est drôle).

Oui parce que c'est un drôle d'album, ou un album drôle, c'est comme vous le souhaitez.
Voilà,  en tout cas, un livre qui a marqué mon esprit, qui m'a marqué plus professionnellement que personnellement.
C'est lui (en partie) qui m'a vraiment fait aimer la bédé indé débile. Du genre, celle qui marque.

Alors, j'essaie de broder parce que, concrètement, un arbre, un mur, un bassin, ce sont différentes histoires... d'un arbre, un mur, un bassin. Et c'est ça qui est génial !
Tout est dans la simplicité ! Du titre, de l'absence de décor, de la fixité des protagonistes, de l'omniprésence de ce blanc des pages, de ces dessins fait sous Paint, de ces gags en une page frôlant parfois la métaphysique bien grasse, voire, disons le franchement, plongeant dans le "pas drôle" affirmé et accompli.

C'est pour tout ça que Un arbre, un mur, un bassin est indispensable.
Et aujourd'hui, il est mien.

mardi 12 mars 2013

Focu

Focu. Diego Aranega. Éditions Paquet. Tu ne diras pas "8€ cette connerie" mais "8€ pour rigoler, c'est donné".


Ben té, je tente une réanimation de ce lieu par une petite imbécilité, ça va être rapide, parce que le principe est assez simple.
Focu, je le connais depuis longtemps en fait, j'étais encore collégien ou récemment lycéen, comme quoi il n'est pas tout jeune l'enflure. Il était publié dans un magazine appelé "XXL" qui n'a pas fait long feu dans mon souvenir, c'était un magazine pour ado qui se voulait peut-être un peu originale, très orienté musique presque metal et cinéma de seconde zone, dans mes souvenirs c'était très con surtout et Focu avait bien sa place là dedans.
Et ce n'était peut-être pas sa première apparition. Quoiqu'il en soit, à ma connaissance, il est apparu sous forme d'album dans les années 2000 et c'est présentement une réédition allégée que voici récemment. Que je suppose allégée en tout cas parce qu'il me semble en avoir lu des wagons de ces trucs, enfin bref.

Donc l'idée, c'est le classique "Tu ne diras pas - Tu diras plutôt" déjà aperçu d'ailleurs dans d'autres bédés comme Gaston pour ne citer que lui.
Et voilà. Focu s'attaque donc aux proches en usant de son ton hypocrite à merveille, c'est souvent juste vulgaire et bien gras mais parfois, oh surprise, il use d'une certaine élégance dans la formule de politesse, ne trahissant pas ainsi son moi profond : c'est un gros faux-cul et un beau.

 



mardi 8 novembre 2011

Sur le terrain


Et bien.
Cela faisait un petit moment que je venais quotidiennement sur cette page et... rien. Enfin plein de choses découvertes, un tas de titres et de chansons dans la tête qu'il serait bon d'en laisser un avis tout à fait personnel à l'attention de moi-même et de quelques égarés et curieux.
Mais, pof, on ne prend pas le temps, on passe et on pense à autre chose et surtout on perd son temps sur des jeux idiots et des conneries divertissantes qui parsèment la toile.
Enfin, j'ai quand même bien peaufiné mon entrée avant de revenir et j'ai ainsi une excuse, pas forcément valable et totalement de mauvaise foi mais si j'étais absent c'était parce que j'étais...

Sur le terrain. Adrien Fournier. éditions Cambourakis. 9,50€ (avant la TVA à 7%)

Mais quoi donc est-ce ? Je me souvenais de l'article que l'on m'en avait fait sans me souvenir du contenu aucunement, mais ça avait l'air bien, hop, j'embarque et je lis.
Sur le terrain nous emmène à la suite d'une petite équipe de tournage se lançant dans la réalisation de petits reportages à la découverte de la France profonde ou des dessous de la France, ou du derrière de la France, une émission en fin de journal à la Jean-Pierre Pernaut, mais en pire (oui, c'est difficile à imaginer).

On s'embarque donc à la suite de Guillaume Michelet, le présentateur "gentiment" idiot, égocentrique et incompétent et de sa petite troupe composé du candide et diplomate Julien Floch, preneur de son et de la virulente et réactionnaire Carole Delebard, camérawoman.
Ce trio part arpenter ainsi les petits quartiers et la province à la recherche du scoop, de la curiosité humaine, ivre de montrer la richesse du voisinage et la variété de nos campagnes. Petit hic, ils ne sont pas très doués et Guillaume Michelet n'a rien préparé, c'est ainsi qu'il se retrouve à discuter dans un troquet avec des vieux hippies se reconvertissant tant bien que mal à la ville, tomber au milieu du concours du plus gros mangeur de moules au coeur de Lille et faire la rencontre de presque "sympathiques" vagabonds qui planent sur la dune du Pyla.
Les trois compères vont d'échecs en déceptions et les tensions montent au point que l'émission finit par être étouffé tel un pet de lapin constipé.

Avec son trait particulier, ses bonhommes batons que l'on ne peut s'empêcher de trouver sympathiques, aux expressions bien trouvés, Adrien Fournier dresse un large portrait de ce qu'est la société de l'information à l'ère actuelle. En montrant avec beaucoup d'humour, la réalité des alentours, il pose aussi un petit tableau des différentes activités et évènements étonnants auxquels on peut facilement assister en France et cela sans véritablement forcer le trait. Mais point de moquerie dans le dessin ni dans les propos, juste quelques agréables petites piques qui évoquent clairement l'autodérision et le petit jeu en conclusion confirme tout cela.
D'ailleurs c'est en partant de cette petite troupe que l'auteur évoque à plusieurs reprises l'envers du décor de la réalisation d'une telle émission et qu'il s'autorise (à ma plus grande joie) à des petits apartés comme s'il s'agissait d'être nous-même spectateur devant l'interview d'un passant, l'oeil derrière la caméra.

Ce petit livre, autant par la taille que par le prix, est finalement une sorte de pamphlet assez grinçant et cynique de ce que la télévision peut déféquer de mieux ou de pire, Sur le terrain en évoque les rouages et s'amusent avec, pour en déduire que de toute façon "tous pourris" ou presque. L'information, on en fait ce qu'on veut.
Tout le propos est appuyé par le petit cadeau en fin de livre où un petit jeu nous propose de réaliser nous même notre reportage en mettant les cases proposés dans l'ordre que nous le souhaitons puis en les agrémentant de petites légendes adéquates. Ou pas. Là est toute l'astuce et la facilité de montrer que l'on peut dire "Oui" là où l'on déclarait "Non".

J'en profite pour dire un ou deux ou trois mots sur un autre ouvrage d'Adrien Fournier, Les plans de la ville, toujours chez Cambourakis, qui décrit la vie de plusieurs personnes dans un quartier de banlieue aux immeubles géants. Du jeune actif ronchon métro-boulot-dodo aux jeunes désoeuvrés passant de bêtises en bêtises, c'est avec un petit plaisir que se mélange tous ces petits personnages aux allures sympathiques.

mercredi 3 août 2011

Le chant de la machine

Le Chant de la Machine. David BLOT & Mathias COUSIN. éditions Manolosanctis. 22€


Paru il y a un petit moment aux éditions Delcourt sous la forme de deux albums, Manolosanctis nous fait le plaisir d'effectuer une réédition en intégrale avec des chapitres supplémentaires. Je dis plaisir car ce fut pour moi l'occasion de découvrir cette étonnant documentaire sur la musique électronique.
Enfin de la House plus précisément.
Car l'histoire se concentre surtout sur la House, de sa naissance à ces évolutions et ramifications actuelles dont l'appellation "Techno" n'est finalement qu'un sous-genre ou une branche proche. Du coup ça fait un peu con le sticker made in le magazine Teknikart qui dit, je cite : "Le livre le plus passionnant écrit sur l'histoire de la techno". Roh, je suis mesquin et gratouille-merde, veuillez m'excuser, c'est ma nature.

10 chapitres, chacun introduit par une playlist marquant le thème abordé, 10 chapitres qui nous font traverser l'histoire de cette musique mécanique, électronique, électrique, psychédélique et plein d'autres hic, des sources aux sixties jusqu'à notre 21e siècle chéri.
En y repensant c'est tout simplement une histoire de la musique, un documentaire sur la musique et un essai sur la musique.
Bien que le classique n'intervienne pas et que le rock soit cité pour décorer le contexte, le blues, le jazz, la soul font parties intégrantes des origines. Nous sommes aux States et les DJs font véritablement leur apparition, des discothèques deviennent à la mode et le DJ invente, s'adapte, rallonge le temps grâce à ses mix, il fait quelques tests, il fait écouter et si ça plait, c'est parfait. Suffit que ça fonctionne et hop ! la machine musicale est lancée.

Un peu surpris au départ par l'angle d'attaque pris pour expliquer ce phénomène, c'est surtout des lieux marquants, des discothèques qui sont mises à l'honneur comme point de départ, terrain d'expérimentation, je découvre ainsi que c'est parfois lors d'une soirée que certains morceaux sont mixés, puis soumis à la populace attentive et finalement se retrouvent ainsi dans les bacs.
Quand je dis que la House est mise au premier plan, c'est un peu faux, ce serait évincer tout un chapitre sur la Disco, maman de la plupart des musiques électroniques, mais bon, qui a commencé ? C'est toujours un peu difficile à savoir.
Quoiqu'il en soit, c'est bien heureux que de la place soit accordé à ce genre devenu parfois synonyme de kitsch (enfin faut avouer que...).
Et ainsi de chapitres en chapitres, ce sont de nouveaux endroits, différents lieux que l'on découvre, New-york, Detroit, Manchester, etc. J'en passe, ça fleurit partout et les auteurs ont choisis de nous en offrir une sélection parmi les plus représentatifs et fondamentaux.

Également, étrangement surprenant de l'importance accordé aux drogues et pourtant, l'influence des psychotropes semble être non négligeable, c'est à croire que le monde de la musique est indissociable des paradis artificiels. Mais voir quelques pages représentants la vie et les effets de l'ecstasy, c'est, euh, une expérience intéressante.

Enfin on l'aura rapidement compris, le sujet est vaste et les auteurs ont choisis une approche personnelle qui aborde la musique Disco-House-Techno-Etc. par le biais de son environnement. Finalement très peu d'informations techniques, du matériels existants et utilisés, de la manière de procéder des musiciens (ouaip, j'appelle un DJ, musicien, trop ouf. Y'en a des biens) ou ce type d'informations.
Le chant de la machine est finalement un livre historique décrivant l'environnement où a évolué cette musique et comment et par où elle est passée, quels chemins elle a pu emprunté pour nous offrir aujourd'hui des espèces obscures comme la Dark-Electro, la PsyTrance ou le Terrrorcore.

Bref, cette ouvrage est une curiosité, un documentaire intriguant où je me suis parfois amusé à écouter certains titres cités pour accompagner ma lecture et parfois croiser des titres où j'ai pu m'exclamer "oh mais je l'ai déjà entendu celui-là !".

lundi 18 juillet 2011

Saint-Etienne Lyon

Saint-Etienne Lyon. B-gnet. Éditions la Boite à Bulles. 12 neurones.


C'est l'été, c'est l'époque des voyages, on s'en va loin de nos lieux de travail pour se ressourcer ailleurs, se dorer la raie sur la plage, humer le bon air des alpages, faire un plongeon dans un quelconque lagon. Et quand on n'a pas trop le sou et qu'on habite Saint-Etienne, quel destination ? Et bien Lyon.
Si vous avez déjà emprunté la bretelle autoroutière joignant ces deux grandes cités, vous comprendrez aisément que la voiture n'est pas une bonne solution. Rarement jonction automobile n'aura été aussi horrible et éprouvante que celle-ci, pour en avoir testé un bout, c'est un peu l'highway to hell comme dirait AC/DC (au cas où vous ne seriez pas au courant).

Bref, autre option : l'avion.
Tout est là, l'essence du récit, le kérozène de l'histoire, un simple départ en vacances qui se transforme en un admirable n'importe quoi où cette (presque) innocente famille de vacanciers sera confronté aux plus horribles, aux plus affreuses conditions de voyage (la faute à qui ? au compagnie Low-cost bien évidemment). Détournement, menaces, anthropophagie, braquage, incontinence, adolescence, allergie, alerte à la bombe, tout y passe. Oeuvre d'une crétinerie intense qui relève du magnifique, Saint-Etienne Lyon est plus qu'une simple histoire de voyage, c'est une aventure, un périple initiatique rappelant au claustrophobe les dangers du transport aérien et au baroudeur qu'il n'y a pas besoin de faire des milliers de kilomètres pour vivre une fantastique odyssée.

B-GNET est déjà responsable d'une autre imbécilité de qualité nommé "Old Skull" revisitant à merveille le western, voilà qu'il remet le couvert avec ce récit de voyage qui devrait côtoyer bientôt le guide du routard.

mardi 12 juillet 2011

Le Dernier Cosmonaute

Le dernier Cosmonaute. Aurélie MAURY. Éditions Tanibis. 17 €


Larry et Alice forme un tout jeune couple, enfin ils n'en sont pas très sur. Alice aimerait que ça ressemble à un couple et Larry... Larry est gentil alors il répond ok mais ignore tout de la méthodologie à adopter.
C'est peut-être parce que Larry a la tête dans les étoiles alors qu'Alice a les pieds sur Terre. Difficile d'avoir un contact-radio efficace dans ce cas.
Peu à peu, en discutant avec son nounours et en apprenant à vivre simplement en regardant les étoiles sans vouloir s'y rendre à tout prix, Larry et Alice prendront la prochaine navette ensemble.

Très belle histoire d'amour racontant les prémices d'une relation toute neuve où chacun est perdu dans son univers, Le dernier cosmonaute évoque à la fois la peur de quitter ses rêves d'enfants et d'affronter la dure réalité face à l'inconnu.
Dans un style graphique plus proche de ce que l'on peut trouver dans le comics indé amerloque, Aurélien Maury met en image cette réticence à quitter son univers, sa bulle pour s'aventurer dans les coins les plus reculés de l'amour,  cet attrait pour de nouvelles découvertes où l'on perd facilement pied.

Bref, Le dernier cosmonaute c'est une véritable et belle histoire d'amour pour les handicapés de la vie.

mardi 15 mars 2011

West Terne

WEST TERNE splendeur et décadence du 6,9e de cavalerie ou Les nouvelles aventures du gars René. Michel GALVIN. éd. Sarbacane. 21€ et c'est joli.


C'est une bande dessiné.
Je précise parce qu'au premier abord, on pourrait se demander ce que cela peut-être. Et je vous rassure, même après l'avoir refermé, bien que sachant pertinemment qu'il était question d'une bande dessinée, je me demande toujours ce que ça peut bien être.

West Terne est, aussi surprenant que cela puisse paraître, un western. Avec des cow-boys, des indiens, des femmes à sauver et à draguer, des murs, des flingues, des totems, des hommes déguisés en ballerine, des... attendez, des quoi ?
La trame principale est un peu curieuse, les femmes ont disparues, la cavalerie part à leur recherche de l'autre côté du mur (oui, parce qu'il y a un mur, on le voit sur la couverture). On suit le périple du Caporal Cunningham (qui a du cran) et de ses acolytes dans le désert du... euh... dans le désert parti à la recherche des femmes dans de dangereuses contrées.

C'est totalement loufoque, absurde, un savant mélange d'idiotie pure de qualité avec des idées farfelues en veux-tu en voilà. Difficile d'exprimer le bonheur ressenti à la lecture, j'ai du interrompre ma lecture à maintes reprises tellement j'étais écroulé de rire, ce qui ne m'arrive que très rarement vu que je ne suis pas un rigolo.
Entre de multiples citations, références et trouvailles en tout genre dans le texte, c'est un petit bijou, un concentré d'inventivité scénaristique qui n'apporte strictement rien au scénario et tout cela accompagné d'un univers graphique bien particulier semblant mélanger trames, collages et un dessin en noir & blanc curieux.

Le problème avec les belles surprises comme ça, c'est qu'il est difficile d'en dire beaucoup, c'est juste à lire.
Et si vous ne le trouvez pas en librairie, c'est que c'est encore un coup des Apacheros*


*Lisez l'album.

mardi 12 octobre 2010

Macanudo, deuxième


Macanudo t.2. Liniers. éd. La Pastèque, 19€


Après le premier volume, il y a un tome 2, puis il y aura un tome 3, et ça continue comme ça pendant un moment.
Ais-je besoin d'en reparler ? Ais-je besoin de déclarer derechef qu'il s'agit de mon coup de coeur pour la vie jusqu'à ce que je trouve mieux ? Ais-je besoin d'énumérer encore une fois toutes les qualités de l'album condensés en de petits strips troooooop bien.
Et bien même si y'a pas besoin, j'ai envie de le redire. Macanudo c'est très bien et c'est toujours bien, voilà le retour d'Enriqueta, de son ourson en peluche et de son chat, le retour des lutins débiles aussi et bien sur les pingouins ainsi que toute la foule de personnes anonymes dépeintes par Liniers.
C'est toujours drôle, toujours absurde, toujours d'une poésie qui me touche et m'enchante.

(Heureusement que le blog ne propose pas son lot de smileys trop gigatopcoolfun parce que j'inonderais le message avec).

Château de sable

Château de sable. Frederik Peeters & Pierre Oscar Levy. éd. Atrabile, 17 €.


Un groupe de personnes venant de différents horizons va se retrouver coincés sur une petite plage peu fréquentée. Il leur est impossible de fuir cet endroit et pour pimenter le tout ils s'aperçoivent bien vite qu'à cet endroit, le temps passe plus vite, vraiment plus vite...

Une mise en bouche très réussie, avec l'arrivée successive des protagonistes, d'une jeune baigneuse, d'un fugitif immigré, d'une petite famille populaire et de la suivante plus guindé. Tout ce petit monde se retrouve bloqué sur ce petit paradis en bord de mer, une sorte de huis-clos à l'air libre. Impossible de fuir et obligé de subir les effets du temps à vitesse grand v. Voilà que les quarantenaires deviennent vieillards et que les enfants se retrouvent plongés en quelques heures dans la trentaine bien tassé.

L'idée est intéressante, le dessin de Peeters est impeccable et les effets de style au niveau du scénario sont plutôt efficace. Seulement, l'histoire se déroule sur un album et semble traité un peu à la va-vite avec certaines situations vraiment exagérées, simplement provocantes, juste pour donner un effet coup de poing aux bases de l'histoire, une thématique SF souvent abordé et parfois de bien meilleur façon. Là les situations se succèdent très vite, scénario oblige, et si dans l'ensemble les discussions, altercations entre ces naufragés aux portraits souvent bien opposés, sont plaisantes, j'ai l'impression que les auteurs veulent en faire un peu trop en soulignant le côté dérangeant d'une telle situation.
Et pour sodomiser les drosophiles, ils n'ont apparemment pas bien assimilé leur idée de base en faisant évoluer parfois certains personnages autant au niveau physique que psychologique alors qu'à d'autre moment ils font la chose à moitié en ne montrant qu'une évolution physique sans inclure de croissance psychologique.

Bref, une bonne BD tout de même avec une thématique SF assez classique et quelques passages très intéressants. Dommage qu'ils aient voulu en faire trop.

mardi 15 juin 2010

Black Summer & No Hero.

Deux pour le prix d'un, ce soir c'est en promotion d'autant plus que je ne vais pas tarder à rejoindre les bras musclées de Morphée.
Deux BDs, certes mais deux comics crées par le même duo d'auteurs j'ai nommé Warren Ellis (scénariste) et Juan José Ryp (dessinateur).


Black Summer. Warren Ellis & Juan José Ryp. éd. Milady Graphic. peut-être bien la quinzaine d'euros.


Résumé : Je vais avoir un peu de mal. J'ai un peu oublié le propos. Mais dans les grandes lignes c'était un truc qui faisait "On est une troupe de super-héros mais l'un d'entre nous, le plus puissant, a décidé de faire sa propre loi et de tout gouverner à la place de ces incapables de puissants diplomates" et bien sur personne n'est trop d'accord même les camarades du Monsieur en question qui vont sans doute chercher à l'arrêter. Enfin, à vrai dire, j'ai lu entre temps un comics qui avait une histoire assez similaire alors il se peut que je confonde.

Bref, vous l'aurez sans doute compris. Mis à part le propos un peu critique des gouvernements peu compétents, il reste qu'il s'agit d'une histoire de super-héros plutôt bien mené mais assez pauvre. Les costumes sont véritablement et horriblement kitschouille à mort et l'action fait les 3/4 du scénario. Ce qui n'est pas non plus une énorme déception vu que cela permet au dessin de Juan José Ryp de prendre toute son ampleur. Et là, personnellement, je suis sous le charme. Ca se sent que le bonhomme a digéré le talent de Geof Darrow pour nous servir un coulis un brin différent mais avec pas mal de saveur. Il remplit les pages et les moindres petits impacts se transforment en explosion formidables, le sang se répand tel les fontaines dans un jardin à la française, le plus infime élément prend des proportions imposantes. et l'ensemble est bigarré à souhait. Un graphisme qui n'est certes pas du goût de tout le monde d'autant plus que la violence est omniprésente dans le récit.

Ce qui m'amène au second opus cité dans le titre :

No Hero. Warren Ellis & Juan José Ryp. éd. Milady Graphics. 14,90 €


Résumé : je viens de le lire, ça va être plus facile. Un chimiste de renom est devenu un des puissants de ce monde grâce à sa drogue permettant à quelques élus de devenir des super-héros. Voilà près de cinquante ans qu'il a crée sa ligue de justicier et qu'il fait régner la paix sur le monde. Vaguement. Mais bientôt un problème apparaît : ses super-soldats se font décimer un par un. Il est obligé de recruter de la chair fraîche. Mais a-t-il fait le bon choix ?

Cet album reste dans la lignée du premier. Sans être une suite, on évolue dans un même univers, un futur d'anticipation avec une forte connotation chaotique, les propos du premier comics cité sont ici encore repris et mis en avant. Et peut-être bien de meilleure manière.
On peut difficilement dire que Warren Ellis est un manche. Il sait écrire des scénarios et il sait y mettre de quoi les rendre un minimum intéressant, osant toujours ajouter la petite touche revendicatrice ou provocatrice dans une veine assez proche de Garth Ennis parfois.
Bref,  c'est parfois violent, un peu rentre dedans tout en étant très "américain" la majeure partie du temps, c'est à dire dénoncer mais avec panache et sensationnalisme. Bref, là, tout le monde prend. Autant les super-héros qui ne s'avèrent pas être des oies blanches que les différents états du monde se montrant incapables à gérer n'importe quel crise si ce n'est par la force et en faisant couler le sang, en trouvant un bouc émissaire et en confirmant l'adage tout pourri qui est "il faut guérir le mal par le mal".

Là encore le scénario est bien desservi par le trait de Ryp. L'ambiance est encore plus trash, violente que pour le précédent, forçant le caractère antithétique qui veut confronter la beauté factice de ce monde surprotégé par cette entreprise de surhommes et l'envers du décor où des gens doivent souffrir et mourir pour parvenir à cette pseudo quiétude.

Je crois que je suis un futur fervent consommateur des oeuvres de Juan José Ryp qui a tout de même travaillé avec du beau monde : Warren Ellis, Alan Moore et Frank Miller. On peut difficilement faire mieux niveau comics.


Bref, deux aventures de super-héros, deux récits d'action-trash, parfois un peu vide, au ton très américain mais avec des axiomes qui tiennent la route et qui en font des oeuvres provocatrices et réfléchies.

Bipèdes.

Bipèdes. Pluttark. éd. Dargaud, coll. Poisson Pilote. 10,95€ mais attention, ça augmentera l'année prochaine.


J'en aurais bien parler pluttark (huhu hoho hihi) mais il se trouve que j'ai tendance à en faire souvent la publicité sur mon lieu de travail (Une PLV vivante, mazette).

Bipèdes nous présente un fabuleux, authentique et pertinent portrait de l'homme, ce célèbre mammifère. Et c'est une véritable réussite. L'humour est juste, parfois fin parfois plus grossier adapté aux situations.
Le plus amusant reste la construction de l'album lui-même reprenant le principe du documentaire animalier.
On découvre le mode de reproduction de l'animal, son évolution, son comportement dans son environnement naturel. Un véritable ouvrage se penchant sur l'ethologie de l'homme.

La BD documentaire fonctionne également avec un jeu de questions-réponses où une interlocutrice/un interlocuteur s'adresse à la spécialiste en question, Mme Constance de Laplasse, qui répond toujours avec tact et justesse sur les problèmes parfois rencontrés en compagnie de ces bestioles.
Chaque scène est accompagné d'un texte descriptif fonctionnant à merveille et montrant une sérieuse et minutieuse étude comportementale du bipède de la part de l'auteur.

Bref, c'est chouette, on apprend avec humour plein de chose que l'on sait déjà mais qui sont encore plus hilarante quand c'est répété avec causticité et ironie.

Littérature pour tous.

Littérature pour tous. Pr. VANDERMEULEN. éd. Six Pieds sous Terre. Moins cher qu'un manuel de littérature.


Restons dans le ton avec Littérature pour tous. Avec le précédent livre cité dans l'article juste en dessous, ils font parties de ceux que je n'ai pas complètement fini pour une bonne et simple raison qu'il s'agit d'ouvrages reprenant des grands classiques de la littérature en les résumant de manière comique mais du coup en dévoilant toute l'histoire. Et il se trouve que je suis loin d'avoir lu tous ces grands classiques et que j'ai encore l'espoir d'y jeter un oeil un de ces jours pour certains alors ça m'agacerait d'avoir les éléments et la conclusion révélé sans l'avoir complètement lu.
Réaction sans doute compréhensible mais aussi sans doute idiote vu que ces grands classiques doivent avoir d'autres richesses et intérêts que l'histoire du bouquin en elle-même.

Fin de l'introduction, reprenons.
le Professeur Vandermeulen en association avec Les Parents Désespérés de France propose donc ce manuel qui permettra d'éduquer les jeunes adolescents aux joies de la lecture de nos grands auteurs.

Après une fort admirable préface, l'ouvrage nous propose donc de découvrir des classiques tel que "Les Misérables", "Voyage au bout de la nuit", "L'étranger" dans un langage plus adapté aux jeunes voy...personnes. Tout cela est agrémenté d'une rapide biographie sur les auteurs et le manuel dispense aussi quelques conseils et exercices pour se familiariser avec le monde littéraire. Le choix de présenter ces résumés sous forme de bandes dessinées a bien sur été réalisé sciemment. A notre époque moderne, les futures générations sont plus sensibles à la lecture de l'image que du texte et la BD a toujours eu le vent en poupe chez les adolescents.
A signaler les très intéressantes notes de bas de pages à l'attention de tous ces jeunes lecteurs en devenir (futurs écrivains qui sait ?).

Bref, Littérature pour tous, très justement sous-titré Synthèse, Vulgarisation et Adaptation en Bande Dessinée des Grands Romans Français à l'Usage de l'Adolescent Contemporain, deviendra rapidement un ouvrage indispensable à l'éducation de la populace adolescente en quête de connaissances et d'informations.


90 livres cultes à l'usage des personnes pressées.

90 livres cultes à l'usage des personnes pressées (mais j'imagine que vous savez lire). Henrik LANGE (ça aussi). éd. Cà & Là (ben là encore c'est lisible). 9 € (ah ah ! Par contre, le prix vous l'voyez pas ! Heureusement que je suis là ! Voyez que c'est pas inutile mon truc).


90 livres cultes à l'usage des personnes pressées résume 90 classiques en seulement 4 cases... enfin trois cases. la première case indiquant juste le titre.
Voilà. C'est le principe. Allez le lire maintenant. C'est presque un indispensable. En plus ça nous évite de lire des trucs qui sont peut-être chiants. Ou bien à découvrir une analyse très rapide et directe d'une oeuvre majeure de la littérature. En plus, il y a toujours un petit mot à la fin qui en dit long. C'est trop chouette. Vous ne l'avez pas encore acheté ? C'est 9 € seulement. Bon, méfiez-vous par contre le livre est petit.

Bref. Avec celui-ci, on monte à 91 livres cultes.

mardi 8 juin 2010

Nous ne serons jamais des héros.

Nous ne serons jamais des héros. Salsedo, Jouvray & Salsedo. éd. Le Lombard. Coll. Signé. 15,50 €


Chinopchich : Michael est ce qu'on appelle communément un branleur. Un gentil pantouflard qui navigue entre stagner dans son petit appartement et de temps la recherche d'un petit emploi et d'une petite amie.
Charles est le père de Michael, militaire à la retraite, handicapé, il semble porter la mauvaise humeur en sport olympique.
Puis, un beau jour, surprise, un coup de fil un peu particulier du père à son fils propose à ce dernier de l'amener faire le tour du monde, Michael devant servir d'assistant. Un tour du monde n'est pas de tout repos.

Un récit de vie, traité avec humour et poésie par les auteurs de Ratafia qui nous surprenne plus qu'agréablement.
On s'aperçoit rapidement que ce grand voyage est une sorte de parcours initiatique. L'homme rustre est irascible, figure paternel du passé, ne souhaite finalement qu'une seule chose avant de partir vers d'autres contrées, se rapprocher de son fils et lui redonner un peu goût à la vie, à ses différences, à ses richesses, à tout ce qu'elle cache et lui dire qu'il lui suffit d'avancer pour aller quelque part.
Les liens se ressèrent, les non-dits s'expriment, le fils redécouvre un père qui s'il n'est exempt de défauts possède bien d'autres qualités et qu'il en sait bien plus qu'il n'y paraît. Le père, quant à lui, essaie de comprendre son fils ou en tout cas de le réveiller, de lui montrer de belles choses et de lui faire comprendre qu'il a toutes les chances de son côté.
le personnage de Charles est totalement fascinant, militaire fricotant avec les hippies, riches d'expériences, il souhaite partager ces souvenirs et ce qui lui reste avec sa famille, même si la sœur Christine est un peu absente car trop ancrée dans son quotidien, enfermée dans ses habitudes, Charles sait qu'elle ne peut plus se libérer de son état, de son statut social chef d'oeuvre de normalité.

Bref, Nous ne serons jamais des héros, c'est vrai. Un récit de vie qui semble presque un conte tant nous passons à côté de choses, tant ceci nous paraît si facile que ça en est inaccessible. De l'humour, de la joie, de l'espoir, des engueulades, de la solitude, des rencontres, il ne manque rien.

jeudi 3 juin 2010

Le Fils d'Hitler.

Le Fils d'Hitler. Pieter de Poortere. éd. Glénat, coll. Milles Feuilles. 15 €


C'est tout frais, c'est tout chaud. Je viens de finir de le lire.
Ben, pour un hollandais, Pieter de Poortere est assez génial.
Oeuvrant autant pour des ouvrages un brin jeunesse que dans des délires très "humour noir" (on peut retrouver le monsieur chez Fluide Glacial), on retrouve un de ses personnages favoris, Dickie, qui se trouve être ni plus ni moins que le Fils d'HITLER !

Bref, c'est du n'importe quoi, c'est de l'humour à un degré élevé, il y a des séances "Où est Charlie" (parfois d'assez mauvais goût, il faut bien le dire) en guise de chapitre ...et ça fourmille de petits détails. Le pied.

Santa Riviera.

Santa Riviera. Morvandiau, Mancuso & Arnal. éd. Les Requins Marteaux. 13 €

Amoureusement sous-titré "Le Venin des Passions".
Alors, ce soir, c'est soirée bdébile, ouvrage stupide, livre idiot... mais attention dans le bon sens du terme, dans le sens noble du terme ! C'est de la bonne crétinine développée dans les fameux laboratoires des esprits ingénieux...et tordus de divers auteurs.

Alors, l'histoire, et puis non, pas d'histoire, Santa Riviera est une parodie de Santa Barbara, fameuse série qui a bercé l'enfance de... de... qui  a marqué l'enfance de beaucoup d'entre nous. Peut-être. Bon. Au moins, le générique. On ne peut pas oublier ce putain de générique ! Bordel, c'est pas possible, il va me hanter toute ma vie ?

Bref, les auteurs ont pondus une excellente parodie, totalement barré, pleine de rebondissements, de gags à répétition ("attention, la pile du pont !", J'ai ri à chaque fois, il m'en faut peu), avec l'apparition de plusieurs guest-stars (Lady Di, Charles Bronson entre autres), et bien sur moultes tromperies et arnaques à l'assurance.

C'est con, c'est bon.

mardi 1 juin 2010

La Parenthèse.

La Parenthèse. Elodie DURAND. éd. Delcourt. oh, oui, au moins ce tarif là.


C'est la saison des récits autobiographiques ! Et voilà la parenthèse, parenthèse d'une vie, une vie qui part en thèse. etc.

L'auteur raconte sa mort prochaine qui a faillit intervenir. Atteinte d'une tumeur au cerveau, on la voit partir en déliquescence. Petit à petit, les souvenirs, les mots, les actes, tout disparaît. Elle ne sait plus rien faire.
Tout commence par des vertiges, puis des évanouissements, à tout moment, la nuit, le jour, au travail, dans la rue, puis les choses dites hier disparaîssent le lendemain, la mémoire immédiate perd du terrain.
Elle consulte, et de cachets en cachets, les choses s'apaisent. Un temps. Elles reprennent de plus belles, les doses prescrites augmentent, les symptômes aussi, augmentent. Le Suivi médical devient régulier, incessant, sous ordonnance 24h/24h, la vie normale ne l'est plus. La thèse en cours n'est que suite du même mot.
Au final, l'hospitalisation est inévitable.

Récit assez fabuleux construit sous la forme d'un échange, d'une lettre adressée aux proches et aux parents et surtout à la mère, cette mère omniprésente lors des difficultés et problèmes de santé de sa fille, qui l'accompagne.
Un aspect est terriblement bien rendue : la difficulté de reconnaître son état. Les absences, les pertes de mémoire, ce ne sont que détails au début pour la malade, c'est un refus total de se considérer comme tel. Elle évoque l'incapacité psychique et physique qui vient peu à peu et tout cela en se rendant compte qu'elle ne peut rien y faire. Elle est rongée de l'intérieur et est totalement impuissante face à son état, devant subir chaque jour sa dépendance à la médecine et aux personnes.

Et le plus surprenant dans tout ça, c'est que l'auteur de ce livre est aussi la victime de la maladie et qu'il y a quelques temps de cela elle n'était plus capable de compter et là, elle fait un très joli récit, rendant grâce à la vie à laquelle elle n'avait pas pu profiter pendant cette période, cette parenthèse.

Bref, beaucoup aimé. Rien n'est jamais perdu.

Une chance sur un million.

Une chance sur un million. Cristina DURAN & Miguel A. GINER BOU. éd. Dargaud. 14,50 € j'aurais cru plus cher.

Je l'ai entamé plus intrigué qu'autre chose. Et verdict, c'est sympathique.

Résumons : un couple, les auteurs, graphistes, enfantent d'un charmant bambin, malheureusement celui-ci est atteint d'un syndrome post-natal extrêmement rare, si rare que j'en ai oublié le nom. Ce témoignage autobiographique rend compte du combat quotidien des parents pour sauver leur enfant qui n'avait que cette chance sur un million.

Un peu indifférent à cette histoire au départ, je me suis laissé emporter par la curiosité, grâce en partie au graphisme auquel j'ai bien accroché, le petit côté humain est tout aussi intéressant et on sent le témoignage réel ainsi que les difficultés mais le côté qui finalement m'a attiré ce fut les détails techniques et les pratiques médicales pour le cas des nouveaux-nés, un milieu tout à fait particulier s'il en est et de ce fait assez intriguant, il existe de nombreuses spécialités adaptées à divers cas, c'est à la fois une plongée dans le milieu médical avec les professionnels possédant plus ou moins de tact, le ressenti personnel des parents et patients, c'est un sympathique récit bien sur centré sur l'amour des parents se donnant à coeur perdu pour laisser cette chance réussir mais aussi sur les interactions et les échanges sociaux dans les milieux médicaux. Et c'est assez intéressant aussi pour ça. Parce que c'est toujours curieux la vie à l'hôpital, avec ces gens indifférents, ceux avec qui ont a notre problème d'hémorroïdes en commun, ces personnages condescendants mais redoutables d'efficacités.

Bref, bien, bien. Sauf que c'est tout de même un sujet très spécifique.

INTERMEZZO tome 1, 2, 3 & 4.

Intermezzo. Tori MIKI. éd. IMHO. 10.95 €

Et hop, encore du manga, et encore du manga des éditions IMHO, très chouette maison d'édition..en espérant qu'ils arrivent encore à imprimer leurs bouquins.


Mais du manga "différent", enfin différent des productions shonen et shojo populaires, mais peut-être plus proche des premiers essais mangas que l'on pouvait trouver dans les revues sous formes de strips.

Et Bienvenue dans le monde de Tori Miki, un monde où l'absurde, le non-sens et l'incompréhension se heurtent et se mélangent tour à tour. C'est ... tout d'abord curieux. Ensuite, c'est... bizarre. Puis finalement, c'est tout bonnement génial.
L'auteur a crée, In My Humble Opinion, une sorte de BD interactive. Mes premières lectures ont étés plutôt laborieuses. Je n'y comprenais rien sans oublier que les planches de 9 cases systématiques se lisent dans le sens japonais (de droite à gauche) et donc au départ, j'étais tout bonnement perdu. Ca n'avait pas de sens.
... puis j'ai lu dans le bon sens... et je n'y comprenais pas forcément grand chose non plus. Et je me suis un peu plus penché sur chaque case, chacune très austère, avec peu de détail mais justement tous les éléments essentiels sont présent à la bonne compréhension de la chute (quand il y en a une), et paf ! Révélation. Bon sang mais c'est bien sur, c'est drôle en fait.
Voilà, interactive dans le sens où même si les dessins sont minimalistes, les cases au nombre de 9, les phylactères absents et bien il y a un effort de réflexion à faire, il faut chercher un peu, se poser des questions et se demander parfois si le gag qu'on a compris était le bon ou bien si justement il n'y en avait aucun.
Un manga devant lequel je m'amuse beaucoup.

Mais bon tout n'est pas si facile d'accès pour une autre raison également, les histoires empruntent bien souvent à la culture et la société japonaise et si  on ne connaît pas certains détails, certains contes populaires ou stéréotypes de l'île du Soleil Levant, on peut être un brin perdu.
D'ailleurs n'étant pas un spécialiste es Japon, il y a plusieurs planches qui me laissent de marbre et dubitatif.

Pour un peu plus de précision, chaque planche met souvent en scène le même personnage : le petit brun de la couverture. Et avec lui, on rencontre parfois quelques autres personnages récurrents ou pas. Parfois certaines planches font échos à des précédentes et on trouve une sorte de "conclusion" quelques pages après où un unique dessin représente la chute.
Tori Miki joue également beaucoup avec le cadre de la bande-dessinée comme le fait Etienne Lécroart ou Marc-Antoine Mathieu (oui, c'est de la pub qui vous enjoint à vous renseigner sur ces autres auteurs trop fun, cool, top). Enfin, la couverture du tome 1 est clairement représentative du principe.

Et hop, un petit aperçu quand même, parce qu'une belle image vaut mieux qu'un long discours de politicards :


(N'oubliez pas, de droite à gauche hein).

mardi 25 mai 2010

Mariée par Correspondance

Mariée par correspondance. Mark Kalesniko. éd. Paquet coll. Discover. 19,50€ ( 9782888902737 )


Rapide résumé : Monty Wheeler, célibataire trentenaire possédant une boutique de jouets et de comics, "commande" une mariée asiatique, la jeune Kyung Seo, coréenne fraîchement débarquée au Canada depuis un an. Va s'ensuivre une difficulté relationnel où deux mondes, deux personnalités différentes se confrontent.

BD fort intéressante avec un thème bien marqué (vu que c'est dans le titre), Monty Wheeler est un peu une sorte de geek antisocial, vivant un quotidien très calme peuplé quasi-uniquement par sa passion : les jouets. Son autre "passion", c'est son fantasme : la femme asiatique, soumise, serviable et dévouée à sa personne, une sorte d'esclave moderne. Le "pauvre" homme va vite se rendre compte que la réalité est tout autre et qu'en fait, en face de lui va se trouver une personne avec des envies et des aspirations.

Pas de place pour l'amour dans ce contrat de mariage pour le moins étrange, l'un vit son rêve au jour le jour, l'autre commence petit à petit à ne plus pouvoir tenir dans cette vie étriquée, enfermée entre les quatres murs de la boutique et la décoration jouet-club de l'appartement.
Mais Kyung Seo, par un heureux hasard, va rencontrer une artiste et une passion pour l'art va soudain naître, elle va tenter de vivre quelque chose où elle peut faire ce qu'elle souhaite.
Problème : son mari par correspondance n'est pas de cet avis. Il est vieux jeu et ne comprends pas cette "lubie". Les affrontements commencent entre deux personnalités, deux perceptions du monde opposées. Kyung essayant d'être quelqu'un, de se reconstruire, fuyant son passé, ces racines asiatiques lui paraîssant un poids chaque jour. Monty ayant vraisemblablement vécu trop longtemps seul dans son petit train train quotidien, est devenu un aigri, conservateur, ne souhaitant qu'un stéréotype vivant de la femme non-émancipée doublée de cette obsession pour le physique asiatique. De plus sa fuite constante de la confrontation a fait de lui quelqu'un d'assez lâche et méprisable.

Bref, ce n'est pas une jolie histoire, ni un conte de fée, c'est une version romancée de quelque chose qui existe. Et ce n'est pas très beau à voir. Mais la BD est bien. Très bien même. Il y a une fille qui danse nue, et ce n'est pas vulgaire.