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mercredi 13 mars 2013

CLEER

CLEER. L. L. Kloetzer. Éditions Denoël. 23 n€nes.

Charlotte et Vinh, deux jeunes cadres dynamiques viennent d'être engagés au service Cohésion Interne de la société CLEER, une immense multinationale présente sur tous les fronts. Leur rôle : faire respecter l'image de marque en notant et corrigeant au mieux les dérapages des diverses entreprises leur appartenant.
Et voilà en quelques lignes, un schéma très grossier de l'histoire de ce roman, c'est un peu indécent parce que pour bien donner la saveur de l'ensemble, il faut déjà tenter de comprendre et définir CLEER.
Qu'est-ce que véritablement CLEER ? Une gigantesque entreprise tentaculaire aux ramifications indéfinissables, oui, entre autre, c'est aussi et surtout un nom, CLEER est tout, est partout, est au dessus de tout.
La notion véritable d'entreprise productrice n'est plus, CLEER est une image de marque, c'est un symbole à tous les niveaux, économiques, politiques et sociales. Tout le monde connait CLEER, tout le monde rêve de CLEER (et rêve CLEER), elle est la représentation de l'absolu.
Et c'est à travers l'ascension de Charlotte et Vinh, à différents niveaux, que nous en avons un aperçu. En les suivant à travers plusieurs missions au sein de Cohésion Interne, l'organisme de CLEER chargé de faire respecter le cahier des charges de la société, on découvre un monde tout à fait à part, un univers étranger où seul ceux capables de se fondre avec leur travail, décidé à ne vivre que par le biais de leur implication dans l'organisation peuvent survivre dans ce monde où finalement l'humanité n'est qu'une composante secondaire d'un ensemble.

Le roman, sous titré "une fantaisie corporate", nous mène dans un milieu abscon pour les uns et familier sans doute pour d'autres. Ce n'est finalement que le portrait futur (présent ?) de certaines de nos multinationales actuelles et même si l'intégration de la part de l'auteur d'une dimension fantastique, magique, devrait nous indiquer le côté factice de tout ce macrocosme, il en décrit trop bien les traits principaux pour ne pas en voir l'écho dans notre société contemporaine.
Cette dimension magique justement est disséminée de telle sorte qu'elle s'intègre, se fond de manière inaperçu à l'ensemble.
Vinh peut sembler être un surhomme, il n'est que le produit de son conditionnement, de tout ce qu'il a vécu, de ses expériences, le fruit de son comportement arriviste et ambitieux, toujours prompt au dépassement de soi. Il veut être l'excellence, il en devient plus qu'humain... ou peut-être justement tout le contraire.
Charlotte est un autre modèle, elle est compétente, elle peut douter, n'a pas la force de caractère de son camarade mais elle a de l'empathie, de la réactivité et plus que tout ce pouvoir "magique" qui lui permet de déceler toutes les implications et les conséquences rien qu'en lisant le nom d'une personne où à travers un regard. Ce pouvoir, nommé dans le roman "méthode Karenberg", n'est autre qu'une évolution précise et imaginé de ce que pourrait être la psychologie que l'on connaît.
Ainsi CLEER laisse plus à penser à une sorte d'étrange et heureux mélange de récit d'anticipation et de fantasy légère. On y retrouve au final l'idée récurrente de quête propre à ce genre dans la conclusion du livre.

Mais si CLEER est fabuleux, il n'en est pas moins évident. Il me fut très difficile d'intégrer ce monde et mes premiers pas dans le roman se sont heurtés à tout un langage alors inconnu et incompréhensible où seul les protagonistes eux-mêmes paraissait se comprendre. C'est au fil du récit qu l'on apprivoise cet univers ou plutôt qu'il nous communique son environnement. Parce que CLEER, c'est ça, un récit sur la communication d'entreprise, on finit par s'y perdre nous aussi, lecteur, on s'y prendrait presque au "jeu", à vouloir la réussite de Vinh et Charlotte, à voir jusqu'où ils pourront aller.
Et c'est quand on croit entrevoir le fonctionnement, que l'on commence à comprendre le rôle de chacun que le roman nous perd encore plus, le travail et l'évolution se mélange à tel point que l'on ne sait plus où est l'intérêt de l'entreprise et l'intérêt personnel, il ne semble plus y avoir aucun des deux.

Voilà un étonnant livre qui, bien que souvent nébuleux pour moi, ne m'a pas laissé de marbre avec cette description d'un milieu corporatiste quasi-extraterrestre, dressant un portrait si proche et effrayant de certaines de nos multinationales. La couche "fantaisie" ne fait qu'ajouter et souligner cet aspect impénétrable. Une curiosité que je conseille.
Et dire que j'ai des copains qui sont pas loin de travailler là dedans, je leur souhaite bien du courage.

CLEER
be yourself

mardi 13 novembre 2012

Sans parler du chien

Sans parler du chien. Connie Willis. éditions J'ai Lu (à quand les éditions Je Lirais ?). J'sais pas le prix, on me l'a offert. Mais 8€, ça devrait faire l'affaire.


C'est bizarre, en y repensant, j'ai fait la même gaffe. J'ai encore cru que Connie Willis était anglaise, ce qui n'est pas le cas, et le fait que l'histoire se passe sur la perfide Albion (j'adore cette périphrase même si dans ce contexte, elle n'est pas trop nécessaire) et qu'elle utilise un style très victorien pour conter son histoire, paf, je retombe dans le panneau.
Et même dans le rythme, je trouve que ça se confirme, l'agencement de l'histoire, on est dans une enquête dans la lignée des classiques anglo-saxons.

Enfin, n'allons pas si vite, un peu d'histoire permettra de se mettre dans le bain.
Ned Henry fait partie d'une équipe d'historiens chargée de revenir dans le passé pour récolter autant d'informations possibles à propos de la Cathédrale de Coventry, détruite pendant la guerre 39-45 pour que sa reconstruction soit la plus fidèle à son époque, le XXIe siècle, un projet fou et insensé conduit par une personne aussi sévère et insupportable qu'inconsciente, Lady Schrapnell la bien nommée.
Pour échapper à ce tyran de chef, Ned Henry part se réfugier, dans le cadre d'une mission, en plein Angleterre de la fin du XIXe, où il s'avère qu'il doit ni plus ni moins restaurer la trame du temps, ce dernier étant malmené par la présence d'un chat du XIXe au milieu du XXe...

Il s'agit là d'un roman qui s'attaque à l'un des grands principes classiques de science-fiction, aussi inusable que fascinant, le paradoxe temporel.
Et voilà comment Connie Willis sur cette idée, va écrire un roman à l'ambiance et au style victorien mélangeant humour, présupposé scientifique et bonnes manières, ce qui se trouve être très intéressant.
Étonnant tout d'abord parce que j'ai clairement eu l'impression que ça n'avançait pas, les deux personnages principaux, Ned Henry et sa collègue Verity, se trouvant complètement coincés dans leur rôle d'époque, se débrouillant comme faire ce peu pour passer inaperçu dans un monde où ils ignorent beaucoup des us et coutumes de l'époque.
Et c'est avec beaucoup d'humour, jouant sur les quiproquos, les bons mots et un côté très théâtre de boulevard que le récit nous tient en haleine, c'est tout simplement prenant ! Emprisonné comme eux, on souffre de devoir subir l'étiquette de l'époque, le côté au début charmant et élégant de l'époque devient rapidement étouffant et pénible. Impuissant comme eux, sans savoir si leur futur existe encore, si le passé parvient à reprendre ses marques, en découvrant que ce qu'il pensait faire pour arranger les choses pourrait tout aussi bien les aggraver.
Connie Willis joue très bien sur ça, le jeu entre ce côté très léger, drôle empreint de classicisme et un véritable récit de SF parfois très poussé et déconcertant dans les explications du paradoxe suite à ces nombreux voyages temporels car les aller-retours sont quasiment incessants et jamais de pauses n'existent pour nos pauvres compagnons.

Si pourtant, j'ai pensé que le roman possède quelques longueurs il n'en reste pas moins que je n'ai pas pu le lâcher, sa manière d'écrire est tout simplement prenante, un rythme efficace et un humour qui m'a encore une fois conquis.

C'est en tout cas un bel exemple de mise en scène du voyage temporel à la sauce humoristique !


mercredi 7 novembre 2012

L'attaque des dauphins tueurs. Julien Campredon. éditions Toussaint Louverture. 14€


J'aimerais dire beaucoup de bien des éditions Toussaint Louverture parce que c'est possible qu'elle le mérite.
En plus d'éditer des ouvrages un peu perdus de vue, de faire de l'archéologie littéraire ou de dénicher quelques petits talents bien sympathiques par-ci, par là et bien ils ont le soucis du bouquin, un beau texte avec un beau livre, ça marche comme ça.
Et c'est surprenant mais ça sent dès la prise en main. Pas besoin qu'il soit énorme, l'effeuillage, la typographie, la présentation à la fois épuré, curieuse, élégante et classique, c'est simplement agréable ce côté vieux livre tout neuf. Ça à l'air bête comme ça, mais ça se fait rare.
Alors oui, j'aimerais dire de bien jolis choses à leur encontre mais c'est comme tout, à force ils pourraient y prendre goût.
Et puis, bon, en vérité, c'est d'un livre que je veux causer alors c'est bien beau les éditeurs qui font du bon boulot mais place à l'oeuvre elle même que diable !
Et du diable, il en est question dans ce recueil de nouvelles, comme on peut y croiser un livre maudit, du béton maléfique, un touriste envahissant et bien sur des dauphins tueurs.

Alors j'arrête tout de suite tout le monde, non, je n'ai pas fait l'acquisition de cet ouvrage uniquement à la lecture de ce titre vilement accrocheur, du tout, je... c'est pas vrai... je réfute... Bon ça a joué un petit peu. Beaucoup.

Le recueil en question comporte 5 petites histoires flirtant pour la plupart avec du fantastique, enfin sauf la dernière, encore qu'une pourrait être considéré comme de l'anticipation, et la deuxième, c'est presque une chronique sociale et... enfin rien ne sert de catégoriser, il faut partir du bon pied et justement, c'est cela qui est bien c'est qu'avec toutes les nouvelles de l'attaque des dauphins tueurs, on marche à fond dedans.

Diablerie diabolique au clubhouse par exemple est un récit tout droit inspiré des oeuvres de Robert Louis Stevenson, d'Edgar Allan Poe ou encore de Goethe vu qu'il s'agit là ni plus ni moins que d'un curieux pacte avec le diable ! Tout en souplesse, Julien Campredon donne le ton, et celui-ci joue sur le green de l'humour avec une fixation sur le golf pour l'un des protagonistes tandis que l'autre rêve d'une fontaine de jouvence. Et mélangeant avec élégance le style classique des auteurs précités à des accents de modernité, il se dégage de ce récit fantastique son style propre, où l'absurdité bien écrite prime avant tout.

Et tout ça se confirme avec La Vengeance du livre uruguayen que tout bon lecteur se doit d'apprécier vu qu'il tourne autour d'un livre mystérieux qui, si on l'utilise en infusion, promet une bibliothèque de 423 gros volumes.
Outre le fait que l'on y découvre une description gentiment caricatural ô combien juste de la librairie, il en reste que cette nouvelle est une merveilleuse et hilarante mise en scène des dangers de l'avidité. Et tout ça en passant par la description du quotidien de ce jeune couple et de leurs petites contrariétés quotidiennes, l'absurde de la situation en est presque poussé à son paroxysme avec l'apparition d'un appartement étrangement labyrinthique.

C'est avec La coulée de béton infernale qu'on se retrouve dans un récit peut-être plus classique, une sorte de polar paranormal où l'humour est encore ici toujours constant. Histoire de détective où l'auteur joue avec tous les codes du genre pour lancer une petite enquête sympathique autour d'un détective en proie à un bétonneur fantômatique et fou. C'est pour moi la nouvelle la plus faible du lot mais qui reste néanmoins très divertissante. Autant le mariage humour et fantastique du XIXe me convenait autant la recette fonctionne légèrement moins bien pour moi avec cette rigolote detective-story.

Mais c'est pour mieux atterrir sur la nouvelle qui donne son titre à l'ouvrage (sans verser de droits d'utilisation), l'attaque des dauphins tueurs.
Et rarement un titre fut aussi vrai, il s'agit bien là d'une attaque de dauphins tueurs. Nous sommes dans un futur proche, assez proche, trop proche où la tectonik a eu bien trop d'échos et le poisson est interdit. On est là dans une histoire de SF délirante et délicieusement cinglé où tout semble permis, c'est avec un certain brio que Julien Campredon utilise des procédés des films de série B, des éléments de la société de consommation et le manichéisme des politiques droite-gauche pour les tourner à son avantage et faire de ce texte un petit bijou de cynisme absurde.
C'est bien con et c'est bien bon, comme les sardines.

Finalement, c'est plutôt sensé que le recueil se finisse par M., M. M., D. & M. une histoire qui ne va nul part pour ne mener à rien. C'est bien simple, au fil de la lecture, on est aussi perdu et impuissant que ce pauvre bougre d'Édouard qui se voit peu à peu jeté de chez lui par un coucou appelé Michel.
C'est un peu le clou du spectacle, l'apothéose de ce lot de petites nouvelles bien absurdes, les évènements s'enchaînent et on perd pied avec le personnage, c'est étrange et une belle coïncidence mais c'est un peu le même esprit que Wrong de Quentin Dupieux dont je disais quelques mots sur ce même blog. Une douce et drôle descente dans la folie.

Bref, j'imagine que j'en ai trop dit ou pas assez, quoiqu'il en soit, j'ai pris mon pied, et comme un petit verre de ce que vous souhaitez, ça passe tout seul, de l'humour bien troussé et Julien Campredon semble assez bien maîtriser son style, qui me convient, ce croustillant mélange d'un phrasé soutenu à un univers plus populaire.

Et puis, il ne faut pas exagérer mais juste en dessous, c'est le site des éditions Toussaint Louverture

Il est à l'image de leurs ouvrages et on y trouve déjà plein de choses à lire.

mardi 6 novembre 2012

Fan man

Fan Man. William Kotzwinkle. éd. Cambourakis. 10,50€ (Comme un manga de luxe mais en mieux)


Quand même, ça commence à bien faire, c'est un club de lecture et ça fait des lustres que je ne parle plus bouquins. Pourtant, j'en ai lu quelques uns entre temps, et des biens en plus ! Et des vrais livres hein, pas de la bédé. (Private joke avec moi même qui rigole bien d'ailleurs).
Donc, c'est parti pour le retour du livre avec Fan Man.

De quoi ça cause mec ? de Horse Badorties, mec. Horse Badorties, c'est un artiste, un gourou même, un artiste-gourou, il fait de la musique et il enregistre, mec. Avec toujours un petit ventilateur à portée de main. C'est aussi un clochard illuminé qui fait son bonhomme de chemin jusqu'à l'accomplissement de son grand concert. Entre autres.

Voilà ce qu'est c'est Fan Man, une sorte d'ovni contant le quotidien de cet étrange et déroutant personnage vivant dans la crasse et les ordures, toujours avec son sac rempli de babioles en tout genre, indispensable à sa survie comme ce fabuleux magnétophone détraqué. Et, on ne sait comment, ce curieux siphonné est pourtant porteur d'un certain charisme, son allure extravagante le rend encore plus mystérieux et son art du bagou lui permet de passer entre les mailles du filet, tantôt embobinant son logeur, tantôt distribuant nombre de chèque en blanc à qui veut bien lui accorder un semblant de crédit.
On se rend vite compte que pour Horse Badorties, la vie est une véritable aventure, rien que sortir devient une épreuve et apparemment aller d'un point à un autre tout en connaissant la ville sur le bout des doigts, c'est pour lui une épopée exceptionnelle.
Horse Badorties est aussi un homme de conviction qui ne vit que pour l'accomplissement de sa destinée, du jour où aura lieu cet extraordinaire concert qui réunit, on ne sait comment, des adeptes peu à peu. Parce que Horse Badorties a beau être un clodo, il a bien du talent... et même des talents !
 
On s'attache rapidement à ce personnage totalement barré, vivant dans un autre monde au milieu du notre où il retrouve parfois quelques échos. À la fois véritable artiste (il en a la démarche) et pseudo-égaré (il en a la démarche), on le suit dans son milieu urbain d'où il parvient à s'extraire à sa curieuse manière, on s'étonne de son efficacité, on reste abasourdi devant son culot et finalement on exulte devant son grand final, ouaip, mec. Il est comme ça Horse Badorties.

Vous l'aurez compris, Fan Man, c'est lui, l'homme aux ventilos, Horse Badorties le déglingo, un surprenant roman pour ma part qui m'a fait ressentir toutes les émotions possibles aussi plaisantes que désagréables, une sorte de vision humoristique du quotidien d'un échappé social, d'un marginal.

mardi 15 mars 2011

Eloge de rien

Des jours, des mois, des années d'absence ! (non juste quelques mois. et encore) pour revenir en meilleur forme avec de nouvelles nouveautés dont j'ai pu me régaler.
Et quoi de mieux pour combler ce grand vide sur ce blog qu'un éloge de rien ?


Eloge de rien. Anonyme (mais pas trop vu qu'il s'appelle Louis Coquelet). éd. Allia. 3€, c'est presque rien.

L'Eloge de rien débute par une dédicace dédiée à Personne. Et, franchement, je trouve ça vraiment bien trouvé, on voit dès le départ que l'auteur a travaillé son sujet, à partir de rien, il fait quelque chose sans n'avoir rien à dire, etc.
Et en fin de compte, ce petit ouvrage est essentiellement composé de phrases de cet acabit mais organisés, orchestrés de manière à ce que le rien signifie quelque chose et ça, ce n'est pas donné à tout le monde.
Après cette petite dédicace en guise de prologue où l'on apprend donc les liens forts réunissant Rien et Personne, se permettant également de faire une gentille critique de tout un pan d'écrivains et autres aristocrates un peu trop sur d'eux à affirmer qu'ils savent tous alors qu'ils n'en savent rien.
Et bien après tout cela, fait suite l'éloge elle même, un petit texte nourri de bon nombre de références à la poésie antique et classique, où le rien est mise en valeur.
Il apparaît très rapidement que l'auteur laisse passer un message proche de celui des épicuriens. Profitons de la vie, n'attendons rien et nous obtiendrons rien, une belle philosophie, un brin hippie certes, mais qui nous montre qu'avec une vision objective du quotidien, on ne risque rien. Ou presque.

A ce sujet, l'extrait représenté en quatrième de couverture est éloquent : "Qui vit content de rien possède toute chose."

Ce texte date du XIIIe siècle, les nombreuses références et les passages en latin dans le texte m'ont laissés un peu perplexe mais il n'en reste pas moins un petit texte à la fois intéressant et même amusant.
Et petite anecdote qui m'a fait sourire (et ne fera sourire que moi), la dernière édition connue (avant celle que je tiens entre les mains. et les précédentes) a été publié par la Société des Nihilistes d'Europe. Ce qui n'est pas commun, d'autant plus que le SNE est également le Syndicat National de l'Edition. héhé.
Amusant hein ? non ?

mercredi 14 juillet 2010

Tom O'Bedlam.

Tom O'Bedlam. Robert SILVERBERG. éd. J'ai Lu. J'ai chopé ça d'occasion à 2€.


L'histoire : Tom O'Bedlam est un fou. En tout cas, il a fini par assimiler cette idée. Depuis tout petit, il fait des rêves étranges, des rêves de l'espace. Des rêves qui semblent bien réels. Peut-être parce qu'il est né à côté d'un champ de radiation ?
En tout les cas, il attend. Il attend le jour où il pourra aider les gens en leur offrant un monde meilleur.
Pour l'instant, il parcourt les routes, tout comme Charley et sa troupe de maraudeurs ou encore le Dr. Lewis dans son institut spécialisé. Sur cette terre dévasté, il ne reste plus qu'à survivre et à reconstruire...mais cela devient difficile quand tout le monde commence à faire ces rêves de l'espace. Se pourrait-il que le jour du changement arrive bientôt ?

Histoire de SF un peu étrange où les récits se recoupent au final pour atteindre l'apothéose, Tom O'Bedlam est une sorte de prophète dans un monde qui a vécu la guerre nucléaire et où les survivants vivent sans trop attendre grand chose. Alors la promesse de pouvoir rencontrer des extraterrestres, de voyager sur des nouveaux mondes où la beauté et la paix règnent en maître... tous finissent par être séduit même s'il réside quelques réfractaires.
Effectivement, c'est assez étrange, rappelant un peu un discours sur les sectes sans pour autant jeter l'opprobe, tout au contraire, le roman semble justement poser la question, peut-on laisser tomber la vie humaine, la réalité de l'homme pour croire à une religion dépassant les sciences et l'imagination ?
On pourrait sans doute creuser plus loin, le titre du roman n'est pas anodin et fait écho à un vieux conte/poème anglais, la ballade de Tom O'Bedlam, un innocent, un simplet, parcourant les routes pour un peu de gîte, de couvert et de gentillesse. (Je résume très vaguement, je ne connais pas très bien l'histoire).

Bref, un roman de SF qui me laisse un peu mitigé sur certains points, car bien qu'il soit assez prenant, je n'ai pas eu l'impression d'avancer beaucoup et me voilà avec plus de questions et de doutes à la fin qu'au début, Peut-être est-ce justement ce qui est intéressant ?
Mais bon depuis le temps que je devais le lire.

mardi 15 juin 2010

Littérature pour tous.

Littérature pour tous. Pr. VANDERMEULEN. éd. Six Pieds sous Terre. Moins cher qu'un manuel de littérature.


Restons dans le ton avec Littérature pour tous. Avec le précédent livre cité dans l'article juste en dessous, ils font parties de ceux que je n'ai pas complètement fini pour une bonne et simple raison qu'il s'agit d'ouvrages reprenant des grands classiques de la littérature en les résumant de manière comique mais du coup en dévoilant toute l'histoire. Et il se trouve que je suis loin d'avoir lu tous ces grands classiques et que j'ai encore l'espoir d'y jeter un oeil un de ces jours pour certains alors ça m'agacerait d'avoir les éléments et la conclusion révélé sans l'avoir complètement lu.
Réaction sans doute compréhensible mais aussi sans doute idiote vu que ces grands classiques doivent avoir d'autres richesses et intérêts que l'histoire du bouquin en elle-même.

Fin de l'introduction, reprenons.
le Professeur Vandermeulen en association avec Les Parents Désespérés de France propose donc ce manuel qui permettra d'éduquer les jeunes adolescents aux joies de la lecture de nos grands auteurs.

Après une fort admirable préface, l'ouvrage nous propose donc de découvrir des classiques tel que "Les Misérables", "Voyage au bout de la nuit", "L'étranger" dans un langage plus adapté aux jeunes voy...personnes. Tout cela est agrémenté d'une rapide biographie sur les auteurs et le manuel dispense aussi quelques conseils et exercices pour se familiariser avec le monde littéraire. Le choix de présenter ces résumés sous forme de bandes dessinées a bien sur été réalisé sciemment. A notre époque moderne, les futures générations sont plus sensibles à la lecture de l'image que du texte et la BD a toujours eu le vent en poupe chez les adolescents.
A signaler les très intéressantes notes de bas de pages à l'attention de tous ces jeunes lecteurs en devenir (futurs écrivains qui sait ?).

Bref, Littérature pour tous, très justement sous-titré Synthèse, Vulgarisation et Adaptation en Bande Dessinée des Grands Romans Français à l'Usage de l'Adolescent Contemporain, deviendra rapidement un ouvrage indispensable à l'éducation de la populace adolescente en quête de connaissances et d'informations.


90 livres cultes à l'usage des personnes pressées.

90 livres cultes à l'usage des personnes pressées (mais j'imagine que vous savez lire). Henrik LANGE (ça aussi). éd. Cà & Là (ben là encore c'est lisible). 9 € (ah ah ! Par contre, le prix vous l'voyez pas ! Heureusement que je suis là ! Voyez que c'est pas inutile mon truc).


90 livres cultes à l'usage des personnes pressées résume 90 classiques en seulement 4 cases... enfin trois cases. la première case indiquant juste le titre.
Voilà. C'est le principe. Allez le lire maintenant. C'est presque un indispensable. En plus ça nous évite de lire des trucs qui sont peut-être chiants. Ou bien à découvrir une analyse très rapide et directe d'une oeuvre majeure de la littérature. En plus, il y a toujours un petit mot à la fin qui en dit long. C'est trop chouette. Vous ne l'avez pas encore acheté ? C'est 9 € seulement. Bon, méfiez-vous par contre le livre est petit.

Bref. Avec celui-ci, on monte à 91 livres cultes.

mardi 25 mai 2010

Útsala

ÚTSALA. Cé Ji & Fred?! éd. KaSisTiKo. 15,90€ ( 9782746615489 )


Au détour d'une librairie, je fouille comme à mon habitude le rayonnage beaux-livres, paysages, voyages, etc. Hésitant sur un atlas mondial, je tombe par hasard sur celui-là. Farpait, ça tombe pile-poil sur ma lubie du moment.

Útsala est un carnet de voyage sur l'Islande écrit à deux mains. On accompagne Cé Ji & Fred?! sur les routes de l'Islande, l'île des glaces et des volcans, là où l'eau et le feu se rencontre, où sont présent encore les témoignages et vestiges de la prime jeunesse de notre Terre, etc.
...bref, rêve de jeunesse pour l'un, voyage curieux pour l'autre, la rencontre est agréable et c'est ce qui est sympathique avec les carnets de voyage, c'est que ça se lit comme du petit lait et qu'on voyage ensemble.
D'autant plus que j'ai trouvé la forme très chouette, les anecdotes et textes sont racontés avec la vision de chaque auteurs et parfois un résumé en commun est fait, même si l'on voit qu'ils n'ont pas exactement le même ressenti, les émotions et les découvertes sont sensiblement les même. Et ils ont l'air tout à fait enchanté par le lieu.

Le livre est enrichi de nombreuses photos, la présentation est plutôt séduisante, en un mot, ça a un petit côté charmant dans la forme tout à fait appréciable. Après pour avoir feuilleté pas mal de carnet de voyage sur le net, certains était bien souvent tout aussi intéressant avec de très belles photos également.
Mais je ne bouderais pas mon plaisir, c'est frais, c'est bien agréable. Je bien.




Ah oui. Et Útsala, ça veut dire "soldes" en islandais.

mardi 15 septembre 2009

Le pouvoir des maux

Le pouvoir des maux. Eric BOISSAU. Editions Rivière Blanche. 17€


Pas de résumé car il s'agit d'un recueil de nouvelles. J'ai découvert Eric Boissau lorsque j'étais bien plus jeune au détour de quelques anthologies d'Héroïc-Fantasy et, à l'époque, il m'avait fait mourir de rire avec ses histoires de quêtes loufoques, ses héros malgré eux et ses jeux de mots à la pelle.
J'étais bien content, quelques années plus tard, de découvrir toutes ses nouvelles réunis en un seul tome chez Rivière Blanche (Editeur qui souhaite rendre hommage aux éditions Fleuve Noir à ces débuts).
Malheureusement, le temps passe et l'effet n'est plus le même. J'ai bien esquissé quelques sourires, je me suis tout de même amusé devant les multiples retournements de situations et les personnages caricaturaux mais bon, la magie et l'humour n'était plus là. Tout en appréciant un tantinet, je fus un peu déçu au final, j'ai l'impression d'être devenu trop sérieux. Et je crois que je ne supporte plus trop l'Heroïc-Fantasy, j'ai du faire une overdose.
Ceci dit, pour de jeunes adeptes de Terry Pratchett et du côté humoristique de Catherine Dufour, Eric Boissau fonctionnera sans doute un minimum !

lundi 23 février 2009

La Molvanie

La Molvanie. Cilauro S. , Gleisner T. et Sitch R. Flammarion : 15 €.


Ah quel beau pays que la Molvanie, Le Pays que s'il existait pas il faudrait l'inventer nous dit ce fameux guide de voyage édité dans la collection JetLag.
Grâce à ce guide, vous pourrez sans aucun problème vous en sortir lors de votre visite de la Molvanie. Tout y est : des monuments et places à ne pas manquer jusqu'au bonnes adresses pour déguster les mets locaux.
Très bien documenté, la maquette est réussi, de nombreuses photos et témoignages vous permettrons de vous faire une petite idée de cette charmante contrée.
Ce guide est pour ainsi dire indispensable - vu que c'est le seul - pour un voyage en Molvanie.


Mais où se trouve précisément la Molvanie ?
Nulle part, car elle n'existe pas. Ceci est en fait un faux guide de voyage sur un pays imaginaire tout droit inventé par des australiens qui dépeignent ici ce qui pourrait s'apparenter à une caricature d'un pays d'Europe de l'Est. L'humour est présent à chaque page et on se rend compte du travail (et de la connerie) qu'il a fallu quand on voit tout ce qui a été produit : la création de l'histoire factice de ce pays, les nombreuses adresses de restaurants et hôtels, le découpage en différentes régions, les descriptions géographiques, les détails des moeurs du pays, les rudiments de la langue, etc. C'est impressionnant. C'est très con souvent. Mais surprenant. Parfois même assez cynique dans un sens, n'hésitant pas à faire quelques rares allusions à un type de pays pauvres sous la gouverne d'un dictateur quelconque.
Mais ma foi, je feuillette ceci aux toilettes et je me bidonne à chaque fois. Un livre humoristique peu commun.

Je viens d'ailleurs de faire le lien entre les créateurs de ce faux guide de voyage et le personnage de Zladko Vladcik, également une parodie de chanteur à succès, jouant beaucoup sur le kitsch et le ridicule.
Avant de paraître sous la forme imprimé, on pouvait accéder au site officiel de la Molvanie :
http://www.molvania.com/molvania/

mardi 14 octobre 2008

Mercure


Amélie Nothomb est parmi les auteurs contemporains les plus prolixes et productifs : elle publie en effet au rythme d’un livre par an, et ce depuis 1992 (je vous laisse compter…), ce qui ne fait pas de tous ses livres des œuvres inoubliables, loin s’en faut.

Toutefois, je me suis plongée dans l’un de ses anciens romans, Mercure, paru en 1998, avec un certain plaisir, il faut bien le dire. Un roman captivant dont l’intérêt repose avant tout sur le mystère qui règne sur ce huis-clos.

Retour sur l’histoire : En 1923, sur une île déserte ou presque, au large de Cherbourg, un vieillard prend soin (d’une façon ambiguë et malsaine) d’Hazel, une jeune fille défigurée lors d’un bombardement en 1918. Ils vivent isolés dans une maison qu’on dirait faîte pour elle, sans miroir, sans aucun objet pouvant retenir de l’eau, sans aucun verre poli, sans rien donc qui permettrait à la jeune fille d’apercevoir son reflet.
Françoise, une jeune infirmière, est engagée pour soigner la jeune fille, et un lien très fort va se nouer entre les deux femmes. À tel point que Françoise voudra sauver Hazel des griffes de ce vieillard, qu’elle découvrira pervers, et de la machination qu’il a mise en place par amour, pour garder Hazel près de lui.

On retrouve le goût de la romancière pour le morbide mais aussi pour le romantisme, la passion, le tout uni par une perversité réfléchie. On se retrouve dans un flot de sentiments complexes, à essayer de comprendre les actes des uns et des autres. La machination du vieillard peut passer pour un acte d’amour, comme pour un acte d’un grand égoïsme, ou encore pour l’acte d’un vieillard malade mental. Peut-on le comprendre, l’excuser, selon l’angle sous lequel on le perçoit ?

Amélie Nothomb nous livre aussi dans ce roman une originalité : il a deux fins ! Elle n’a pas su choisir entre les deux, qui correspondaient aussi bien l’une que l’autre à la psychologie de ses personnages, et les a donc mises toutes deux à disposition du lecteur, qui pourra choisir celle qui le satisfaira le plus. Peut-être aurait-elle d’ailleurs pu en écrire une troisième, car si le roman, tout en nuance, est absolument passionnant, aucune des deux fins, trop dans le cliché, n’est vraiment convaincante.

Un livre assez court , à lire presque d’une traite, c’est encore meilleur !

dimanche 31 août 2008

Vacances dans le Coma


Publié en 1994, ce livre de Frédéric Beigbeder est d'une futilité rare. Ca tombe bien, c'est ce qu'il me fallait. Cela faisait quelques temps que je m'ennuyais dans mes lectures, et j'ai décidé qu'il me fallait quelque chose de con et facile à lire pour m'y remettre, me détendre le cerveau, ne pas réfléchir. C'est pourquoi j'ai décidé avec une grande justesse de lire Vacances dans le Coma.

Ce livre relate une soirée, de 19h à 7h du matin, d'inauguration d'une boîte de nuit appelée "Les chiottes" (je sais, ça vous plait). Le personnage principal, Marc Marronnier, chroniqueur mondain, décide de s'y rendre, sur invitation du DJ, un vieux copain à lui. Il est persuadée de rentrer accompagné, et d'ailleurs le livre ne parle quasiment que de drogues, de fesses, de nichons, et de mondains complètement pétés qui font n'importe quoi. Bref c'est passionnant...
On reconnait toutefois le style bobo bien à la mode dans la littérature française avec moult citations et références culturelles et artistiques, parce que bon ça fait mieux.

Je tiens quand même à signaler que l'auteur cite le lac d'Aiguebelette, et comme c'est mon lac, ça m'a fait plaisir.


samedi 12 avril 2008

La consolante

La consolante de Anna Gavalda a été publié par La Dilettante, le 11 mars 2008.

Charles Balanda, 47 ans, architecte à Paris, apprend incidemment la mort d'une femme qu'il a connue quand il était enfant et adolescent. Dès l'annonce de cette nouvelle, il abandonne plans et projets, perd le sommeil et l'appétit, sans comprendre pourquoi. Commence alors un long travail de deuil. Pour faire son deuil, il revoit un ami qu'il n'a pas vu depuis des années, il découvre une famille un peu "spéciale" qui l'aidera à se reconstruire.

Je suis déjà fan de Anna Gavalda depuis Ensemble c'est tout (il y a d'ailleurs une référence dans La consolante), donc évidemment je me suis précipité sur le dernier roman paru. Je peux vous dire que j'ai pas été déçue, c'est à la fois touchant, attachant, triste et drôle, avec une écriture simple ; tout ça fait qu'on s'attache au personnage, qu'on vit les choses avec lui et qu'on veut savoir comment il va évoluer. Je n'ai pas pu lâcher le livre avant de l'avoir fini. Vivement le prochain !

jeudi 3 avril 2008

Condor.net

Condor.net est une nouvelle écrite par James Grady publiée par Rivages Noir en 2008, à l'occasion de l'anniversaire de la collection Rivages Noir. J'ai eu ce livre gratuitement au salon du livre de Paris...non je ne l'ai pas volé, c'est marqué "édition hors commerce" au dos !

4ème de couv. : Il y a trente cinq ans, de jeunes soldats américains mouraient dans une guerre impopulaire, Nixon était président et la CIA traquait des ennemis illusoires. James Grady écrivait Les six jours du condor, une histoire qui deviendrait mondialement célèbre, immortalisée par le film de Sydney Pollack avec Robert Redford.
Il y a vingt ans, François Guérif fondait la collection Rivages Noir.
Aujourd'hui de jeunes soldats américains meurent dans une guerre impopulaire, tandis que la maison blanche traque des ennemis illusoires. Pour célèvrer les vingt ans de Rivages Noir, James Grady a fait revivre le condor à l'heure d'internet et de la communication planétaire.

Le livre commence par une introduction écrite par l'auteur qui fait l'éloge de la collection Rivages Noir...ça m'a moyennement plu mais bon tant pis, c'est pas l'essentiel.
La nouvelle commence super bien, ça me parait bien ficelé et tout ça mais comme à chaque fois que je lis une nouvelle, je suis déçue par la fin qui se précipite. Il y aurait eu de quoi faire un roman avec la matière que propose le début de la nouvelle, c'est dommage. Mais sinon c'est pas mal quand même, j'ai bien aimé, j'essaierai peut-être de lire autre chose de James Grady.

mardi 1 avril 2008

A l'estomac

A l'estomac. PALAHNIUK, Chuck. éditions Denoël et d'ailleurs : 2006. 25 €


Résumed : Suite à une petite annonce, une vingtaine d'écrivain en herbe se retrouvent enfermés pendant trois mois dans ce qui semble être un vieux théâtre.
Aucun moyen de sortir, la petite troupe va aller de mal en pis au fil des jours, tout ceci dans le but de faire ressortir leur talent et de que chacun puisse pondre son chef-d'oeuvre.

Chuck Palahniuk est l'auteur-phare de Fight Club, c'est un autre roman coup de poing qu'il livre ici avec pour simple concept d'enfermer plusieurs écrivains pour qu'il puisse s'exprimer.
Palahniuk décrit une descente aux enfers perpetrée par les acteurs eux-mêmes, chaque scribouilleur participe à un grand jeu qu'ils imaginent eux-même. Persuadés d'être sequestré par un fou, ils écrivent au fur et à mesure, chacun dans leur tête, le scénario de ce séjour d'horreur, n'hésitant pas à se mutiler pour que le futur film soit parfait et réponde aux attentes du public qui veut voir de l'horreur, du sadisme et de la souffrance.
C'est sur cette idée de souffrance que tourne principalement l'oeuvre, Palahniuk avance que l'homme ne peut s'en passer pour vivre, il faut qu'il soit prisonnier de ses craintes et de ses douleurs et il ne peut les ignorer.
Le roman a une construction particulière faisant intervenir tout au long du récit un poème et une oeuvre écrite par chacun des personnages enfermés, oeuvre biographique relatant les immondices que chacun a pu faire. On remarque que tous sont des meurtriers, des pervers, des cinglés voire les trois combinés.

Oeuvre assez étrange et déroutante, très cru et glauque, Palahniuk semble bien aimer les détails médicaux et les scènes aussi crade que comique, j'ai pour ma part bien aimer dans l'ensemble, assez réceptif au discours, la fin, quoique emprunt d'un certain classicisme cynique, n'en ai pas moins percutante.
Je commence à peine à lire l'auteur mais si l'ensemble est du même acabit, je vais prendre mon pied.

dimanche 30 mars 2008

Ourania

Ourania de J.M.G. Le Clézio est paru chez Folio en 2007.

" Quand j'ai compris que Mario était mort, tous les détails me sont revenus.
Les gens racontaient cela en long et en large à ma grand-mère. Mario traversait le champ, un peu plus haut, à la sortie du village. Il cachait la bombe dans un sac, il courait. Peut-être qu'il s'est pris les pieds dans une motte de terre, et il est tombé. La bombe a explosé. On n'a rien retrouvé de lui. C'était merveilleux. C'était comme si Mario s'était envolé vers un autre monde, vers Ourania. Puis les années ont passé, j'ai un peu oublié.
Jusqu'à ce jour, vingt ans après, où le hasard m'a réuni avec le jeune homme le plus étrange que j'aie jamais rencontré. " C'est ainsi que Daniel Sillitoe, géographe en mission au centre du Mexique, découvre, grâce à son guide Raphaël, la république idéale de Campos, en marge de la Vallée, capitale de la terre noire du Chernozem, le rêve humaniste de l'Emporio, la zone rouge qui retient prisonnière Lili de la lagune, et l'amour pour Dahlia.

Non je n'ai pas choisi le livre en fonction de la couverture (vous vous en seriez douté) !
J'ai eu beaucoup de mal à arriver au bout de ma lecture (2 mois quand même!), il y a quelques passages très longs et c'est dommage. J'ai aimé suivre Raphaël et les siens dans leur vie mais malheureusement le géographe étant le narrateur, c'est parfois sa vie qu'il raconte et là, j'ai trouvé ça un peu pénible. Les 100 dernières pages sont assez agréable, j'ai même vraiment apprécié mais les 200 premiers pages sont vraiment longues ! Bilan mitigé donc ! Mais allez, Jean Marie Gustave, je ne t'en veux pas, avec un prénom comme ça, je ne peux pas t'en vouloir, ce serait de l'acharnement !

mardi 12 février 2008

L'heure du crime

L'heure du crime de David Baldacci est paru chez Pocket en 2007.

Dans une petite ville de Virginie-Occidentale, les habitants sont en émoi : le cadavre d'une femme vient d'être découvert au fond des bois.
Dépêchés sur les lieux, les détectives King et Maxwell remarquent alors un détail d'importance :une montre Zodiac au poignet de la victime. Elément d'autant plus troublant que le criminel qui utilisait cette signature sévissait dans les années 1960... Dès lors, les crimes s'enchaînent. Quand deux adolescents sont tués à bout portant et qu'une quatrième victime est massacrée à l'arme blanche, le doute n'est plus permis : un serial killer plagiaire a entrepris de reproduire les meurtres de tueurs en série célèbres...

J'avais déjà lu deux romans policiers de Baldacci, l'un mettant en scène King et Maxwell et l'autre, des personnages différents. J'avais adoré le premier et un peu moins le deuxième. L'heure du crime, c'est absolument génial, j'ai adoré, c'est vraiment bien !!!! J'ai pas pu lâcher le livre après avoir lu le premier tiers, ça faisait longtemps que j'avais pas lu un livre si prenant, avec une intrigue fantastiquement bien tournée et un écriture très efficace (je sais pas exactement comment une écriture peut être efficace, mais j'avais envie) ! Il faut vous ruer sur ce livre, c'est du même niveau que Robert Crais, c'est pour dire comme c'est bien !!! Voilà, maintenant vous le savez, je trompe Robert avec David ! :$

lundi 14 janvier 2008

L'évènement



Mais de quel évènement nous parle Annie Ernaux dans ce livre paru en 2000 chez Gallimard. Un fait réel, vécu par l'auteure lorsqu'elle était étudiante : un avortement. Du temps où l'avortement était encore clandestin, où l'on allait voir dans son appartement une faiseuse d'ange, où les médecins avaient honte d'aider les femmes à mettre fin à une grossesse.

Ce récit aurait pu tomber dans le pathétique, le larmoyant, le morbide... Mais non, Annie Ernaux utilise des mots simples, justes, sobres, raconte les choses telles qu'elles les a vécues, telles qu'elle se les remémore, telles qu'elle les a oubliées aussi parfois, regardant alors dans son agenda de l'époque ce qu'elle y avait noté.

J'ai été profondément émue par le désarroi et la détermination de cette femme à vivre cet évènement qui aurait pu mettre sa vie en danger, parce qu'autrement est impossible. Emue par ce récit d'une femme qui raconte parce qu'elle n'a jamais pu oublié, alors que tant d'autres se taisent. Un très beau livre.

dimanche 16 décembre 2007

Je l'aimais

Je l'aimais de Anna Gavalda est paru en 2003 chez J'ai Lu.

Adrien a quitté le domicile conjugal, il laisse seules Chloé et ses deux filles sous le choc. Pierre, le père d'Adrien, essaie de soutenir et réconforter du mieux qu'il peut Chloé. Ainsi, il l'emmène avec ses deux petites filles en Normandie, pour leur changer les idées. Dans la maison de campagne familiale, Pierre raconte sa vie plus ou moins heureuse, à Chloé qui n'en croit pas ses oreilles. Pierre n'a, en effet pas eu le courage de son fils...

Je pense que je ne pourrai jamais être déçue par l'écriture d'Anna Gavalda, c'est touchant, vrai, sincère...j'aime énormément ! On découvre les personnages, on est avec eux, on s'y attache...Anna Gavalda est vraiment mon auteur préféré du moment !
Ruez vous sur ce roman, certes court mais tellement touchant et agréable à lire, c'est un ordre !!